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Squidward's Suicide13:23

Squidward's Suicide

Je précise d'entrée de jeu que si vous voulez une réponse à la fin, vous risquez d'être déçus, il n'y en a aucune.

J'étais stagiaire chez Nickelodeon pour un an en 2005 lors de mes études d'animation. Je n'étais bien sûr pas payé, la plupart des stages ne le sont pas, mais ça avait plusieurs avantages au-delà du côté éducatif.

Comme je travaillais avec les monteurs et animateurs, je pouvais voir les nouveaux épisodes avant leur diffusion. J'irai droit au but sans donner trop de détails inutiles. Ils ont très récemment réalisé un film sur Bob l'éponge, ce qui fait qu'ils ont mis du temps à démarrer la saison. Mais le délai a été prolongé pour des raisons bien plus troublantes. Il y eut un problème avec la saison 4, qui traumatise encore aujourd'hui ceux qui en ont été témoins.

J'étais dans la salle de montage avec deux autres stagiaires, les animateurs principaux ainsi que le monteur son afin de procéder au final cut. Nous venions d'obtenir la copie censée être “Fear of a Krabby Patty” et nous somme assis devant l'écran de contrôle. L'épisode n'étant pas finalisé à ce stade, les animateurs avaient l'habitude de mettre un carton titre humoristique, un genre de private joke comme “How sex doesn’t work” au lieu de “Rock-a-by-Bivalve” quand Bob l'éponge et Patrick adoptent une coquille. Ce n'était jamais très fin, mais suffisant pour nous faire ricaner. Du coup, quand nous avons vu le titre “Squidward’s Suicide” ça ne nous semblait rien d'autre qu'une touche d'humour morbide.

Quand nous avons démarré l'épisode, nous entendions la musique joyeuse habituelle. L'histoire commençait avec Carlos s'entraînant sur sa clarinette en jouant quelques notes. Puis le rire de Bob l'éponge se fit entendre et Carlos s'arrêta, lui demandant de faire silence car il avait un concert le soir-même et devait donc s'entraîner. Bob l'éponge dit "OK" puis s'en alla. Après les bulles de transition, nous nous sommes retrouvés à la fin du concert de Carlos. C'est là que les choses ont commencé à mal tourner.

Pendant la lecture, des images fixes se répétaient, mais le son était normal (à ce stade, le son et l'image sont synchronisées, donc oui, c'était vraiment bizarre) mais quand il s'arrêta de jouer, le son s'arrêta comme si le saut n'avait jamais eu lieu. Il y eut un léger murmure dans le public avant qu'il ne se mettent à le huer, mais pas de la manière qu'on trouve habituellement dans un Cartoon et qui était utilisée dans cette série, plutôt d'une façon qui met vraiment mal à l'aise. Carlos était en gros plan et semblait effrayé. Puis la caméra se centra sur Bob, et il huait aussi, d'une manière qui lui était très inhabituelle. Mais le plus étrange était qu'il avait des yeux hyper réalistes, très détaillés, pas une image d'yeux réels mais bien plus réalistes qu'une image de synthèse. Les pupilles étaient rouges. Nous nous sommes regardés mutuellement et étions très mal à l'aise, mais comme ce n'était pas nous qui écrivions les scénarios, nous n'avions pas à nous interroger à propos des effets sur les enfants.

L'image revint sur Carlos assis sur son lit et semblant très déprimé. Il faisait nuit par la fenêtre, c'était donc peu après le concert. Bizarrement, à cet endroit, il n'y avait pas de son. Absolument aucun, pas même le bruit de fonctionnement d'un haut-parleur allumé mais inactif, comme si ils étaient éteints, bien que leur statut montrait qu'ils étaient bel et bien allumés. Il était juste assis là, clignant des yeux pendant 30 bonnes secondes, puis se mit à pleurer doucement. Il mit ses tentacules sur ses yeux et pleura encore pendant une minute, pendant lesquelles le son du background devint de plus en plus fort tout en restant à peine audible, ressemblant à une brise dans une forêt.

Puis la caméra zooma lentement sur son visage. Par "lentement", je veux dire que c'était à peine perceptible. Ses soupirs devinrent plus forts, pleins de douleur et d'angoisse. L'image sauta quelques instants puis revint à la normale. Le bruit de vent dans les arbres devint plus fort et plus grave, presque comme un ouragan. étrangement, ce son, ainsi que les soupirs de Carlos, semblaient réels, comme si ils venaient d'un espace situé dans le haut-parleur plutôt que du haut-parleur lui-même. Aussi haut de gamme que des haut-parleurs de studio puissent être, ils n'ont pas un équipement permettant de produire des sons d'aussi haute qualité.

En plus du son de vent et des soupirs, on pouvait entendre un rire très faible, qui revenait par intervalles et durait moins d'une seconde, c'était donc difficile de le repérer. Cela dura 30 secondes, après lesquelles l'écran se flouta et se mit à sauter, puis quelque chose vint comme un flash, comme si une trame avait été remplacée.

Le monteur mit sur pause et rebobina image par image. Ce qu'il vit était horrible. C'était une image d'un enfant mort qui ne devait avoir pas plus de 6 ans. Le visage était ensanglanté et un œil était exorbité. Il était en sous-vêtements, éventré, avec ses entrailles à côté de lui. Il était sur une sorte de pavement qui était probablement une route.

Le plus dérangeant est qu'on voyait l'ombre du photographe. Ce n'était pas la photo d'une scène de crime, il n'y avait aucun marquage, et l'angle n'était pas celui pris habituellement pour conserver des preuves, comme si le photographe était le responsable de la mort de l'enfant. Nous étions mortifiés mais avons continué, pensant que c'était juste une blague de très mauvais goût.

L'écran revint sur Carlos, pleurant plus fort qu'avant, avec la moitié de son corps à l'image. Il semblait à présent que du sang coulait de ses yeux. Le sang semblait lui aussi très réaliste, comme si vous pouviez en avoir sur les mains en le touchant. Le souffle était maintenant encore plus présent, on pouvait même entendre des branches se casser. Le rire, un baryton profond, revint plus fréquemment. Après 20 secondes, l'image sauta à nouveau et revint sur une image fixe.

Le monteur était réticent à revenir en arrière, et nous aussi l'étions, mais il savait qu'il devait le faire. Cette fois, la photo semblait être celle d'une petite fille, du même âge que l'autre enfant. Elle gisait sur le ventre avec une mare de sang tout près d'elle. Son œil gauche était exorbité et elle était presque nue. Elle était vidée de ses entrailles. Encore une fois, on pouvait voir l'ombre du photographe, très similaire à celle vue la première fois. J'ai dû ravaler mon vomi et une stagiaire, la seule femme présente, est sortie de la salle. Puis la lecture a repris.

5 secondes après la photo, Carlos était silencieux et le son était muet tout comme au début de la scène. Il enleva ses tentacules de ses yeux, qui étaient hyper réalistes, tout comme ceux de Bob vus au début. Ils étaient sanglants et pulsatiles. Il fixait l'écran comme pour regarder le spectateur. Après 10 secondes, il se mit à pleurer, cette fois sans couvrir ses yeux. Le son était perçant et fort, et nettement plus effrayant car désormais mixés avec des cris. Les larmes et le sang coulaient vraiment vite. Le bruit de vent revint, ainsi que le rire, et cette fois, la trame fixe dura environ 4 images.

L'animateur stoppa à la quatrième et revint en arrière. Cette fois, c'était la photo d'un garçon d'à peu près le même âge, mais la scène était différente. Les entrailles étaient tirées par une grande main, l’œil droit était exorbité et sanglant. L'animateur relança le film. C'est difficile à croire, mais la trame suivante était différente, nous ne savions pas trop en quoi. Il alla à la suivante, même chose. Il revint à la première et lut le tout plus rapidement. Je vomissais sur le sol, le reste de l'équipe eut un haut-le-cœur. Les 5 trames n'étaient pas comme si c'étaient des photos différentes, elle étaient lues comme si c'étaient celles d'une vidéo. Nous voyions la main bouger, l’œil de l'enfant la regarder, puis deux trames de l'enfant clignant des yeux.

Soudain, le monteur son nous dit d'arrêter, il devait appeler le réalisateur pour qu'il voie ça. Mr. Hillenburg arriva 15 minutes plus tard. Il était agacé et demandait pourquoi on l'avait fait venir. Le monteur s'est contenté de continuer l'épisode. Après que les quelques trames furent montrées, il y eut un grand cri, puis plus de son. Carlos regardait le spectateur en gros plan pendant 3 bonnes secondes. La caméra dé-zooma et la voix grave dit “FAIS-LE !” . Carlos prit un fusil, le mit dans sa gorge et pressa la détente. Du sang réaliste et des morceaux de cervelle giclèrent sur le muret sur son lit, et il fut projeté en arrière avec le recul. Les 5 dernières secondes montraient son corps gisant sur le lit, sur le côté, un œil exorbité sur ce qui restait de sa tête sur le sol, tout blanc. Puis l'épisode se termina.

Mr Hillenburg se mit en colère. Il demanda ce qui s'était passé. La plupart des gens avaient quitté la salle, il restait juste une poignée d'entre nous pour revoir le tout. Le revoir une deuxième fois a juste servi à imprimer pour de bon les images dans ma tête et me provoquer des cauchemars pour encore longtemps. Je regrette d'être resté.

La seule hypothèse que nous pouvions faire était que le fichier a été modifié par quelqu'un quelque-part dans la chaîne de production entre le studio et la salle de montage. Le CTO fut appelé pour analyser ce qui s'était passé. L'analyse du fichier montra que ce dernier était remonté par un nouveau matériel. Cependant, le timestamp montra qu'on était à 24 secondes avant le début de la lecture. Tout l'équipement fut examiné à la recherche d'applications ou hardware tiers, voire d'éventuels dysfonctionnements qui auraient fait que le timestamp affiché ne soit pas le bon, mais tout était en ordre. Nous ignorons encore aujourd'hui ce qu'il s'est passé.

Il y eut une enquête due à la nature des photos, mais rien n'en est ressorti. Aucun enfant ne fut identifié et aucun indice n'est ressorti des photos, que ce soit dans les métadonnées ou les éléments visibles. Avant cela, je ne croyais pas au phénomènes inexplicables, mais maintenant que j'en ai été témoin, j'y réfléchis à deux fois.

Inutile de vous dire que ça va certainement changer votre regard sur Bob l'éponge.

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